© Musée d'Orsay, Dist Rmn / Patrice Schmidt
Titre : Femme en buste étudiant une ombelle.
Auteur : Eugène Samuel GRASSET (1841-1917)
Date de création : 1894
Date représentée : 1894
Dimensions : Hauteur 114 cm - Largeur 72 cm
Technique et autres indications : Mine de plomb et aquarelle.
Etude pour l'affiche de l'exposition Grasset au Salon des Cent, 1894.
Lieu de Conservation : Musée d'Orsay (Paris) ; site web
Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 10 rue de l'Abbaye. 75006 Paris. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
Référence de l'image : 01-017348 / ARO1993-36-43
La Plume (1889 – 1914) : une revue active
Parmi les petites revues littéraires et artistiques de la Belle Epoque, La Plume, créée par Léon Deschamps en 1889, est l’une des plus originales et des plus dynamiques. Elle se distingue notamment pour son ouverture dans sa promotion des artistes et des poètes, souvent méconnus, et choisis pour leur talent plus que pour leur appartenance à une école ou à une génération particulière. Parallèlement à ses publications, cette revue a marqué son époque par un soutien multiforme et enthousiaste apporté aux arts visuels, à travers un large éventail d’actions : soirées artistiques et littéraires associant déclamations et accrochages, banquets présidés par une personnalité influente du monde des arts et des lettres (tels Puvis de Chavannes, Rodin ou Verlaine), lancement d’une maison d’édition luxueuse, la Bibliothèque Artistique et Littéraire, concours de dessin, ventes d’estampes…
Mais son initiative la plus importante reste sans doute le fameux Salon des Cent, simple exposition sans jury ni récompense. Inauguré en 1894, il connaîtra au total 53 éditions, d’une fréquence remarquable, alternant expositions monographiques et présentations collectives. La manifestation consacrée au peintre et décorateur Eugène Grasset du 5 au 25 avril 1894 est donc la première exposition particulière de La Plume. La rédaction lui confie aussi la réalisation de l’affiche de présentation, reprise en couverture du numéro spécial qui lui est consacré.
L’affiche d’Eugène Grasset : une allégorie des arts
Ce dessin préparatoire réalisé à la mine de plomb et à l’aquarelle présente une version à la fois simplifiée et inversée de l’image finale figurant sur l’affiche, qui a été réalisée à partir d’une estampe : néanmoins, tous ses éléments constitutifs sont présents. L’artiste y figure sur un fond bleu-nuit un buste de femme vêtue de jaune, à l’épaisse chevelure brun-roux, tenant dans une main un cahier de dessin, et dans l’autre un crayon et une plante qu’elle étudie attentivement. Il s’agit sans conteste d’une allégorie des arts, muse intemporelle et contemplative, emblématique des canons de l’Art nouveau, par la prédominance de la ligne sinueuse qui cerne les aplats de couleurs. Grasset crée ici un véritable symbole pour la revue La Plume : ses successeurs seront nombreux à s’en inspirer, de Georges de Feure à Alfons Mucha.
La Plume et l’art de l’affiche
Chaque Salon des Cent est annoncé par une affiche inédite, dont la réalisation est confiée à l’artiste exposé ou à un collaborateur pour les expositions de groupe. Cette production régulière et systématique est ainsi l’un des éléments majeurs de la politique éditoriale et commerciale de la revue. Créées par des artistes confirmés, ces affiches sont également destinées à constituer des pièces de collection pour les amateurs, dont le nombre est alors croissant. Exposées, cataloguées et vendues en tant qu’œuvres d’art à part entière, elles sont une source de revenus non négligeable pour La Plume. Leur production manifeste l’engagement d’une revue dans le renouvellement des arts graphiques, pour une forme d’art alors en plein essor et en voie de reconnaissance.
Auteur : Fabienne FRAVALO
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